Catégories de produits
- Abonnements (2)
- Uncategorized (1)
©Acteurs du franco-allemand
17 mars 2026, Cercle de l’Union interalliée Paris. Les intervenants à la conférence organisée par le CEFA et la CFACI. De g à d : Laurent Meillaud (Le journal de l’automobile), François Roudier (OICA), Maria Ianculescu (PFA), Doris Birkhofer (CFACI / Siemens France), Laurent Favre (CEFA / ex Opmobility), Frank Niederlander (BMW Group), Athina Argyrou (CSIAM) et Oliver Nass (CEFA).
Le 17 mars, soit 13 jours après les annonces de la Commission européenne, le CEFA a réuni des experts du secteur automobile pour un état des lieux. C’est bel et bien de l’exaspération qui s’est dégagée de ce panel composé de Maria Ianculescu, Directrice des Affaires internationales, Plateforme de la Filière Automobile (PFA), Michel de Rosen, Président du Conseil d’Administration de Forvia, Frank Niederländer, Vice-Président des Affaires européennes du Groupe BMW, Athina Argyriouet directrice générale du CSIAM et François Roudier, Secrétaire Général de l’Organisation Internationale des Constructeurs d’Automobiles (OICA).
« Sans base industrielle forte, pas de modèle social européen, pas de transition climatique, pas d’autonomie stratégique » avait scandé Stéphane Séjourné avec un objectif clair : ramener l’industrie à 20 % du PIB européen d’ici 2035, contre 14 % aujourd’hui. Mais force est de constater que l’Europe, une fois de plus, n’active que le levier de la règlementation. Le politique français a beau se gargariser « Ce texte marque un changement de doctrine ». Le problème, c’est que les concurrents asiatiques sont passés à l’action il y a bien longtemps déjà!
Président du Cefa et ex-Directeur général d’Opmobility, Laurent Favre est d’abord parti des faits : en France, l’industrie automobile représente 400 000 emplois directs. Même proportion en Allemagne. De ce fait, nos deux pays avec ces pans de leur économie portent une grande partie de la valeur ajoutée européenne.
La filière européenne n’est plus en situation de difficultés mais de souffrance ! « Depuis 2019, nous vivons une période de rupture sans précédent. Entre les charges qui s’accroissent, l’inflation galopante, les tarifs douaniers, la désorganisation des chaînes logistiques, la production européenne automobile a reculé de 20% ces dernières années, l’Europe décroche » analyse-t-il.
C’est dans ce contexte « challenging » que les constructeurs et équipementiers se sont fait bousculer par une réglementation européenne imposant une électrification ultra-rapide, déstabilisant leur base industrielle. La Chine s’est engouffrée dans cette brèche avec une facilité déconcertante. En 2024, la Chine est devenue le premier exportateur mondial (5 millions de voitures exportées).
Les industriels européens ont eu beau appeler au sursaut, le compte n’y est pas. Les divergences entre l’Allemagne et la France jouent défavorablement : alors que Paris a poussé pour un protectionnisme assumé avec un contenu local pour garantir le tissu industriel européen, Berlin a lutté pour la survie du moteur thermique, en suivant la piste des carburants de synthèse, notamment les e-fuel, pour préserver son excellence technologique.
Certes, la Commission européenne a mis de l’eau dans son vin en assouplissant les objectifs. « L’objectif zéro émission intègre désormais une neutralité technologique salvatrice, il faudra un seuil de 70% de contenu local. Sauf que…tout ceci est très simple à énoncer, mais très compliqué à mettre en place ! » résume Laurent Favre. « Sortir de la naïveté, c’est une chose mais la Commission énonce beaucoup de conditions, très variées. On voulait éviter l’usine à gaz, honnêtement, ça y ressemble fort ! » assène François Roudier. Pour Michel de Rosen, Président du conseil d’administration de Forvia, les mesures visant à favoriser une production européenne vont dans le bon sens mais “il manque des mesures de compétitivité qui sont totalement absentes des débats. Sans cela, l’Europe ne s’en sortira pas” (lire notre Une).
Sortir de la naïveté,
>> ...Déjà abonné ? Connectez-vous