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La brigade franco-allemande : un symbole de la volonté de défense du continent européen

Auteur

Par Cécile Calla

Publié le - Mis à jour le

Le nouveau commandant de la brigade franco-allemande, le général de brigade François-Xavier Elias, évoque les objectifs, les missions et les perspectives de cette unité binationale forte de 5 600 soldats, dont l’état-major est basé à Müllheim, dans le Markgräflerland.
©Liesmann, Des soldats français etallemands s’entrainent au tir dans le cadre de l’exercice Excellent Guardian auquel la BFA a participé en avril mai 2025.

©Liesmann, Des soldats français et
allemands s’entrainent au tir dans le cadre de l’exercice Excellent
Guardian auquel la BFA a participé en avril mai 2025.

Logo Acteurs du franco-allemand Trois objectifs avaient présidé à la création de la brigade franco-allemande en 1989 : répondre à une vocation d’unité opérationnelle binationale, être un symbole franco-allemand tourné vers l’avenir et, enfin, expérimenter la coopération des forces armées européennes. Quel bilan tirez-vous aujourd’hui ? Est-ce que les objectifs ont changé ?

Les objectifs sont restés les mêmes. Néanmoins, ils ont évolué avec le temps. Il y a 36 ans lorsque le président François Mitterrand et le chancelier Helmut Kohl ont créé la brigade franco-allemande (BFA), ils vivaient une période particulière et une partie de ce qui a présidé à sa création entrait dans la grande gestuelle de la réconciliation. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, on fait de la coopération franco-allemande. L’aspect symbolique est aussi dépassé, je n’ai pas l’impression de commander un symbole politique.
Il faut rappeler que la brigade a été engagée sur plusieurs missions depuis sa création, en Bosnie, en Afghanistan ou au Mali.
Il y a une dizaine d’années une commission parlementaire constatait le manque d’interopérabilité au sein de la BFA. L’exemple le plus souvent cité est celui du Mali où soldats français et allemands menaient des missions séparées. Le reproche est-il légitime ?

Cet enjeu de l’interopérabilité existe forcément toujours avec deux armées qui abritent des cultures opérationnelles différentes et qui servent des systèmes de communication, de planification différents.
C’est mon pain quotidien. Au Mali par exemple où j’étais justement le chef de bataillon, il y avait des Français engagés dans l’opération Barkhane pour lutter contre le terrorisme sur demande des autorités maliennes de l’époque tandis que les Allemands étaient là dans le cadre de la mission MINUSMA de l’ONU pour rassurer les populations et rétablir l’état de droit. Les deux opérations étaient certes différentes mais j’avais des échanges réguliers avec mon homologue allemand sur la situation sécuritaire et sur
les engagements futurs de nos moyens.

Volonté politique
Logo Acteurs du franco-allemand Est-ce aussi un manque de volonté politique ?

Il y a clairement une volonté politique en France et en Allemagne de renforcer le rôle de la brigade. Preuve en est que les deux ministres de la défense français et allemand, à l’époque Sébastien Lecornu, et Boris Pistorius ont décidé en janvier dernier d’affilier la brigade au corps multinational de l’OTAN

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