Catégories de produits
- Abonnements (2)
- Uncategorized (1)
Fil d'Ariane :
Accueil › Nos articles › Coopération › “Unis on gagnera, divisés on perdra”Auteur
Par Bénédicte de Peretti
Publié le - Mis à jour le

Bénédicte de Peretti, Präsidentin des Deutschlandkomitees der Conseillers du Commerce Extérieur de la France
D’un côté, la France pousse pour une Europe puissance, qui protège ses industries stratégiques et conditionne ses investissements à une production européenne. De l’autre, l’Allemagne, forte de son modèle exportateur et de ses chaînes de valeur mondialisées, redoute qu’une préférence trop explicite ne
se transforme en barrière coûteuse, voire en déclencheur de représailles commerciales.
Dans ce jeu d’équilibres, Paris apparaît souvent comme l’aiguillon, Berlin comme le frein — et l’Europe, comme l’arbitre hésitant de ses propres ambitions. Le résultat est un débat où l’objectif fait consensus, mais où les moyens divisent : tout le monde veut une autonomie stratégique, mais chacun espère
qu’elle n’exigera pas de renoncements. La querelle autour de la préférence européenne en dit ainsi beaucoup de la contradiction centrale de l’Union : elle aspire à peser, mais continue de tergiverser dès qu’il faut choisir entre le confort du marché ouvert et les exigences d’une véritable puissance économique. Et pourtant avec nos 450 millions d’Européens face aux 360 millions d’Américains nous ne devrions pas avoir de complexe. Mais l’Europe est incapable de profiter de tous ses atouts faute d’avoir su parachever sa construction dans les domaines économiques et financiers, et encore moins intégrer sa politique étrangère et de défense. Pourquoi les entreprises européennes les plus innovantes sont-elles contraintes de se financer sur les marchés d’Outre atlantique alors que nous finançons la plus grande part de leur déficit abyssal ?
Réveillons-nous ! Plusieurs grands industriels allemands, comme le patron de Bosch, de ThyssenKrupp, de Daimler Truck, ont signé la Tribune lancée par le commissaire européen chargé du Marché intérieur et des services, Stéphane Séjourné, en faveur d´une politique industrielle plus ambitieuse et une préférence européenne. Antonio Filosa, le DG de Stellantis, et Olivier Blume, le patron de Volkswagen, ont aussi pris la plume pour demander la mise en place d’un « bonus CO2 » pour les véhicules fabriqués en Europe, afin de garantir une concurrence loyale. « Les constructeurs qui ancrent la majeure partie de leur production en Europe doivent bénéficier d’un soutien compensant au moins les surcoûts liés à la localisation », ont-ils réclamé. Plusieurs fédérations industrielles allemandes ont emboité le pas en faveur d’une politique européenne qui donne la priorité aux entreprises locales.
Puisque nous sommes d’accord sur le constat, il nous faut enfin trouver une réponse commune claire au lieu de donner l´impression de s’opposer. La préférence européenne doit devenir un pilier stratégique de la compétitivité de l’Union et un moteur de sa réindustrialisation.
« Nous ne céderons pas au chantage. L’Europe donnera une réponse claire et unanime. Nous préparons actuellement des contre-mesures concertées », avait déclaré en janvier le ministre allemand des finances Lars Klingbeil. Dans un document commun, Rome et Berlin ont assuré soutenir « des règles de préférence européenne dans des secteurs cruciaux et stratégiques, tout en prenant en compte nos intérêts en matière de politique commerciale et ceux de nos partenaires les plus proches ».
Dont acte ! Il faut savoir prendre des risques et avoir une vision. Ce qui se passe aujourd´hui en Chine et les difficultés qui en résultent pour de nombreuses entreprises allemandes étaient prévisibles depuis de nombreuses années. Espérons que fin mars lors de la prochaine rencontre européenne au sommet, on en sortira avec une réponse claire et unie. Pour le bien de tous les Européens. « Unis on gagnera, divisés on perdra ».
Avec ses 450 millions de citoyens et ses 27 pays, l’UE est une puissance. Nous mettrons cette force à profit, y compris face à Trump.
Lars Klingbeil, ministre allemand des finances, dans un entretien au Spiegel
Le contructeur chinois BYD envisage de construire une usine en Allemagne. Ce serait son troisième site de production en Europe. Grenke France (Schitilgheim) surfe sur l’économie de l’usage. Le… Lire la suite
Le club économique franco-allemand de Bavière fête ses 40 ans, le 15 mai à Munich. François Delattre, Ambassadeur de France à Berlin a effectué un stage chez Bosch Elektrotechnik à Reutlingen… Lire la suite
Allianz France lance Allianz Fonds Croissance, une nouvelle solution d’épargne en Assurance Vie. Dekra (inspection et certification) dont le siège est à Stuttgart, aura 100 ans en 2025.… Lire la suite
Fondé en 2017 par Sylvain ETAIX, Acteurs du Franco-Allemand est le seul média indépendant sur les relations politico-économiques franco-allemandes.
Son ADN repose sur 3 piliers :
